episode 1
je ne saurai définitivement jamais faire mes bagages correctement.
les sacs sont trop petits, je tasse tout comme un malade et en définitive je ne porte que des fringues froissées pendant toutes les vacances.
j'oublie aussi la moitié des choses et plus particulièrement l'essentiel que je dois alors racheter sur place et payer un prix fou; brosse à dent, rasoirs, capotes, gilet pour les soirées fraiches, chaussures de sport (oui parce qu'en vacances j'ai toujours une envie soudaine de faire du sport et de m'occuper de mon corps... surtout les lendemains de cuites et d'orgies alimentaires).
de toute façon, cette fois ci je ne m'en fais pas, j'ai déjà pratiquement tout sur place; ma mère dans sa grande mansuétude à bien voulu me laisser le petit pavillon en bord de mer pour deux semaines, celui-là même qu'elle a obtenu en divorçant de mon beau-père il y a deux ans.
" deux semaines, c'est tout ce que tu auras. ensuite je débarque avec un couple d'amis, tu sais le couple de mèdecins adorables dont je t'ai parlé."
ma ouche prononce un "oui!" convaincu mais derrière le téléphone je jette les yeux en l'air en attendant que ça se passe... elle se dégote toujours de nouveaux amis qui disparaissent aussi vite qu'ils sont apparus. un couple de mèdecins; elle doit être dans sa pèriode "mes organes sont mes amis", elle a besoin de réponses à son trop plein de questionnement. les pauvres gens vont bientôt tout savoir sur son transit et les dégats de son dernier peeling chimique. je prie pour eux qu'ils ne soient pas spécialisés en gynécologie.
"tu seras seul je suppose?!" comme d'habitude, la réponse est dans sa question; elle ne se fait aucune illusion, elle sait bien qu'elle a enfanté l'ante-christ, l'être le plus atrabilaire et mysantrope que la terre puisse porter. dans sa question il y a aussi toute la pitié du monde pour ce fils incapable de vivre une relation stable, un pessimiste de naissance, un atrophié du romantisme... décidément tu ne m'auras rien épargné; tu es chiant semble-t-elle dire. pourtant tu es gay! tu devrais passer tes week-end à gigoter sur de la house et te faire palucher dans des back-rooms!
elle aimerait tellement que je ressemble à un article de "Têtu"... je crois que ça la rassurerait.
mais non, au lieu de ça je suis solitaire, j'aime lire jusqu'à l'aveuglement, écouter de la musique classique et pleurer tout seul devant un film tragique. les autres m'ennuient vite, je me sens comme déconnecté.
j'ai bien souvent essayé de "faire comme tout le monde"; sortir, rire quand il faut, draguer, séduire, jouer le jeu. mais très vite c'est comme si une chimère de moi se plantait sur mon épaule pour me sussurer "mais tu es ridicule, à qui vas-tu faire croire que tu es si cool et détendu? bon sang tu as un manche à balaie dans le derrière mon pauvre ami alors accepte-le et arrête de sourire bêtement à ce garçon il va te prendre pour un malade et prévenir la sécurité!". il y a plus rassurant comme voix intèrieure.
"profites-en pour bronzer un peu... et mets de la crème, un cancer est si vite arrivé et on est fragile de la peau dans la famille... rappelle-toi ton oncle jacques."
bon, mon oncle jacques (paix à son âme) est mort brûlé au troisième degré dans l'incendie de sa maison... donc oui, on peut dire qu'il avait la peau fragile.
"et si tu cherches de l'occupation, tu pourras repeindre la chambre d'amis; en fait je déteste cette couleur argile, je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris de choisir ça. tu trouveras un pot de peinture teinte galet et tout le matèriel dans la buanderie. allez je te laisse mon amour je dois déjeuner avec ton père. ba-bye."
elle raccroche avant que je demande des nouvelles de mon père. de toute façon nous ne nous sommes pas vu depuis 10 ans; le simple fait de savoir qu'il est vivant, qu'il peut se déplacer jusqu'au restaurant et manger ce sont des renseignements suffisants.
mon père... comment pourrais-je décrire cet individu? beau et plein aux as; là dessus on peut se fier au jugement de ma mère, ce sont des critères sur lesquels elle n'a jamais mégoté.
absent? oui on peut le dire... en fait, plus absent que ça c'est "décédé".
la raison de notre brouille? on peut imaginer qu'il a très mal vécu le coming-out de son fils unique, que son esprit s'est rempli des pensées les plus sombres "et qu'est-ce que les gens vont penser? je n'ai pas été un bon père, sa mère l'a trop chouchouté..."
eh bien pas du tout. mon père n'a jamais eu de réaction violente ou désespérée face à mon homosexualité. non, il a juste très mal accepté de me trouver au lit avec son secrétaire personnel. de là s'en est suivie une dispute assez violente, il a menacé de mettre cette histoire devant les tribunaux (oui, j'ai homis de préciser que j'avais 14 ans et demi lors de cet incident malheureux. le petit secrétaire-stagiaire lui en avait 19). j'ai patiemment attendu de rentrer en fac pour quitter la maison et ne plus croiser son regard accusateur et plein de déception.
mon père aurait voulu faire de moi un homme d'affaire avisé, un requin de la finance, un loup du business; je n'étais qu'un petit saute-au-paf.
deux semaines, seul, au bord de la méditerranée. voilà ce que j'attendais depuis des semaines, coincé dans cette ville trop grise, ce bureau trop moche et cet appartement trop petit.
j'ai 29 ans, je suis chargé de communication pour des ensembles de musique classique, je passe en moyenne 6 heures par jour sur mon ordinateur, je vais à des premières, j'ai des rendez-vous avec des partenaires, des sponsors, des organisateurs, des journalistes, des graphistes, des imprimeurs. je vois un monde fou, je parle des autres; les musiciens, les artistes, je les vends et moi je suis toujours autant incapable de rencontrer quelqu'un et de lui donner envie de m'essayer plus de trois jours.
ma dernière "histoire" remonte à il y a 7 mois (oui, oui, je n'ai rien touché depuis 7 mois, ce n'est plus une béquille c'est un sabot!); j'ai eu l'audace de me connecter sur un site gay, d'y mettre ma photo (vieille de 6 ans mais c'est quand même moi), de rédiger un profil, de dire ce que j'aimais; biensûr ce n'était pas l'endroit pour parler littérature alors je me suis transsubstanté en acteur porno et j'ai écrit des trucs que je n'aurai certainement jamais le courage (ou la souplesse) de réaliser.
sur ce, j'ai eu quelques réponses; une proposition de film... et deux invitations à boire un verre.
sûr de passer très mal à la caméra (ça grossit), j'ai donc accepté les deux invitations (pas le même soir) et j'ai bien fait car le premier m'a posé un lapin.
le second était en retard; ça doit être un truc pour exacerber la tension sexuelle, moi ça m'a juste énervé légèrement (c'est mon côté dame patronesse).
mais je dois reconnaitre que ça valait le coup d'attendre; beau brun, petite barbe de trois jours, athlétique, bien sappé et surtout "des chaussures somptueuses". s'il y a une chose que je tiens de ma mère (hormis ses yeux verts et son alcoolisme notoire), c'est l'attention portée aux chaussures. unmec peut être sublimissime; mais s'il porte des mocassins en peau retournée de la halle aux chaussures je laisse tomber imédiatement. c'est idiot et superficiel mais je ne peux pas m'en empêcher.
lui il portait des repetto noires avec un levis, une chemise blanche et un gilet de costume gris. il n'avait vraiment rien du cliché sm ou queer qu'on peut trouver sur les sites de rencontres homos.
j'ai assez rapidement eu très envie qu'il me prenne sauvagement dans les toilettes du bar; comme quoi le coup du retard ça marche aussi pour moi (quelle gourde). j'ai tout de même attendu qu'il m'amène chez lui; une chambre de bonne miteuse avec un matelas suspect posé à même le sol. il n'en fallait pas plus pour me rendre dingue, je me suis jeté sur lui et on a remis le couvert plusieurs fois dans la nuit et la matinée.
à ce moment là je savais qu'il s'appelait pierre, qu'il avait 27 ans, qu'il était pion dans un collège en attendant de vivre de sa passion; la photographie. plus tard dans la matinée, devant une tasse de café assis sur un pouf, j'ai également apris qu'il était fiancé et que la noce était prévue pour cet été.
il voulait savoir s'il serait capable de vivre une double vie; je l'avais rassuré... à plusieurs reprises cette nuit-là. il pouvait donc convoler en paix.
dire que j'étais scié est assez éloigné de ce que je ressentais à ce moment précis. je me suis juste senti comme la plus grosse cloche du monde. je lui ai fais la bise en partant, c'est pour dire si j'étais dans mon état normal. presque si je lui souhaitais tous mes voeux de bonheur!
de retour chez moi j'ai sur le champ supprimé mon compte sur le site de rencontres et je me suis juré de ne plus jamais avoir d'autres relations sexuelles autres que manuelles. c'est à peu près à cette époque que j'ai acheté mon premier sex-toy, un superbe gode en silicone moulé sur la queue d'un acteur porno mort du sida (trop glamour). il ne me reste maintenant qu'à adopter les chats errants, porter des pyjamas en pilou, grossir de vingt kilos et regarder toutes les émissions de télé-réalité de tf1.
voilà l'état dans lequel ma dernière relation m'a laissé, je mérite donc amplement ces deux semaines de retraite loin de cette jungle cruelle.
mardi 22 juillet 2008

comme d'habitude, hier soir j'ai refusé des dizaines d'invitations pour les soirées les plus hype et trendy, j'ai dit non aux propositions les plus tendancieuses et les orgies les plus raffinées pour rester chez moi devant un dvd...
j'ai regardé "ice men", qui n'est absolument pas un thriller comme le laisse supposer l'affiche... c'est un huit clos psychologique et c'est bien suffisant.
J'ai passé un bon moment, le film est bien construit; bon scénario, bonne montée de tension, bons acteurs, bons dialogues.
Vaughn (le méchant dans la série kyle xy) réunit dans le chalet familial en plein hiver ses amis d'enfance pour les 30 ans de l'un d'eux bryan. mais deux invités inatendus vont semer la pagaille (le frère de vaughn et son ex petite amie qui vient juste de le plaquer).
c'est un bon film sur l'amitié, les nons-dits (doit-on tout dire à ses amis?). certains se révèlent pendant ce séjour (belle expression d'une tension sexuelle entre deux des amis de vaughn).
l'amitié peut faire souffrir tout autant et même plus que l'amour. il y a de la jalousie, de l'admiration, de la haine, de la passion dans l'amitié. un ami c'est surtout celui qui prendra le risque de vous perdre en vous contredisant. un ami ça vous rassure mais ça vous secoue aussi, ça vous bouscule, vous vexe, vous étonne et vous donne de la force.
j'ai toujours pensé que je suis un meilleur ami qu'amant.
samedi 19 juillet 2008

je viens de regarder le film "shelter", une histoire d'amour entre deux surfers... un "point break gay" en quelque sorte.
c'était sympa, le truc se regarde facilement; bien tourné, belles images de l'océan, beaux acteurs, jolie love story... enfin, le genre de film qui fleurit sur les étagères des rayons gays.
du barbara cartland homo.
évidemment moi je marche à 200% avec ça: plus c'est sucré, plus j'aime... à ce niveau là c'est plus du romantisme c'est du diabète!
je pense que c'est proportionnel à la nullité de ma propre vie sentimentale... (...et ce salopard qui ne rappelle pas!)....bref je m'égare.
je vais immédiatement enchainer avec un bon thriller où tout le monde se fait saigner! non mais!
first message
on ne peut jurer de rien.
j'avais pourtant dit à plusieurs reprises que jamais on ne me trouverait sur un blog, éructant une diarrée verbale dont j'aurais la bécasserie de croire qu'elle puisse intéresser quelqu'un d'autre.
mais voilà, pris au piège de la solitude estivale (tous mes enfoirés d'amis sont partis par monts et par vaux), je me retrouve planté devant l'écran de l'ordinateur à regarder pour la 28ème fois des extraits de spectacles de Didier Bénureau sur Dailymotion (allez-y c'est à se taper le cul par terre; mon préféré: "la libération"). je parcours quelques blogs et je lis des trucs sympas, souvent insipides, quelquefois d'une bêtise à pleurer et alors je me dis que moi aussi je veux jeter ma crotte dans l'abyssale cuvette du net.
dois-je me présenter?
j'entends quelques "non! on s'en tamponne!" mais je vais le faire quand même.
je suis un jeune freluquet bien planté, de belle stature avec une dentition impeccable et un solide appétit.
curieux de tout mais totalement inhibé sur pas mal de sujets (merci l'éducation judeo-chrétienne!), je tente de trouver des réponses et par là-même de me trouver moi. (je sais c'est complètement abscond et cul-cul mais je suis abscond et cul-cul alors il va falloir faire avec!).
je suis dingue de musique classique et surtout d'opéra et de musique baroque. pour ma part, je reste persuadé que la voix humaine est le plus bel instrument de musique qui puisse exister; alors au diable les affreux pianos et les insupportables violons.
j'ai également un goût fort prononcé pour la photographie, la peinture, les films pornos gays, les fringues, l'alcool, les voyages, la cuisine asiatique et j'en passe et des meilleures...
petit explicatif: le nom de ce blog "madscene" vient de l'expression "mad scene" (dingue!), employée pour désigner une scène de folie dans un opéra:
par exemple la scène de la folie dans "lucia di lammermoor" de donizetti que beaucoup connaissent parce qu'elle est utilisée dans le film "le cinquième élément" de luc besson (chanté par la diva extra-terrestre, mais c'est la voix de la soprano inva mula que l'on entend).
les scènes de folie à l'opéra sont des climax dramatiques qui permettent au compositeur de donner libre cour à son génie créatif et à l'interprète de démontrer son talent vocal mais également son engagement théâtral.
madscene c'est aussi notre monde: une scène de théâtre ou tout s'agite dans tous les sens et qui nous laisse nous, spectateurs, légèrement pour ne pas dire totalement désorienté.
j'avais pourtant dit à plusieurs reprises que jamais on ne me trouverait sur un blog, éructant une diarrée verbale dont j'aurais la bécasserie de croire qu'elle puisse intéresser quelqu'un d'autre.
mais voilà, pris au piège de la solitude estivale (tous mes enfoirés d'amis sont partis par monts et par vaux), je me retrouve planté devant l'écran de l'ordinateur à regarder pour la 28ème fois des extraits de spectacles de Didier Bénureau sur Dailymotion (allez-y c'est à se taper le cul par terre; mon préféré: "la libération"). je parcours quelques blogs et je lis des trucs sympas, souvent insipides, quelquefois d'une bêtise à pleurer et alors je me dis que moi aussi je veux jeter ma crotte dans l'abyssale cuvette du net.
dois-je me présenter?
j'entends quelques "non! on s'en tamponne!" mais je vais le faire quand même.
je suis un jeune freluquet bien planté, de belle stature avec une dentition impeccable et un solide appétit.
curieux de tout mais totalement inhibé sur pas mal de sujets (merci l'éducation judeo-chrétienne!), je tente de trouver des réponses et par là-même de me trouver moi. (je sais c'est complètement abscond et cul-cul mais je suis abscond et cul-cul alors il va falloir faire avec!).
je suis dingue de musique classique et surtout d'opéra et de musique baroque. pour ma part, je reste persuadé que la voix humaine est le plus bel instrument de musique qui puisse exister; alors au diable les affreux pianos et les insupportables violons.
j'ai également un goût fort prononcé pour la photographie, la peinture, les films pornos gays, les fringues, l'alcool, les voyages, la cuisine asiatique et j'en passe et des meilleures...
petit explicatif: le nom de ce blog "madscene" vient de l'expression "mad scene" (dingue!), employée pour désigner une scène de folie dans un opéra:
par exemple la scène de la folie dans "lucia di lammermoor" de donizetti que beaucoup connaissent parce qu'elle est utilisée dans le film "le cinquième élément" de luc besson (chanté par la diva extra-terrestre, mais c'est la voix de la soprano inva mula que l'on entend).
les scènes de folie à l'opéra sont des climax dramatiques qui permettent au compositeur de donner libre cour à son génie créatif et à l'interprète de démontrer son talent vocal mais également son engagement théâtral.
madscene c'est aussi notre monde: une scène de théâtre ou tout s'agite dans tous les sens et qui nous laisse nous, spectateurs, légèrement pour ne pas dire totalement désorienté.
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